Les journalistes d’investigation suisses et étrangers devraient s’y intéresser. Plusieurs initiatives récentes en Suisse plaident pour un « Whistleblower Act », une protection renforcée des auteurs de fuite.
L’affaire Christoph Meili, cet employé de l’UBS qui a découvert et révélé les documents bancaires sur les fonds juifs, a illustré comment la Suisse traite ses « dénonciateurs », même s’ils servent l’intérêt public. Procès, mépris et réprobation publique. D’autres avant lui et après lui en ont été les victimes. Ainsi l’affaire Kopp a été révélée grâce à un policier courageux, aujourd’hui tombé dans l’oubli.
Alors qu’ailleurs, aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Suède, existent des lois solides qui protègent les auteurs de fuite servant l’intérêt public, la Suisse est à la traîne. Le député socialiste de Bâle Remo Gysin va déposer une initiative parlementaire réclamant un statut juridique pour les « whistleblowers », les auteurs de fuite. La Commission fédérale des banques a également fait circuler en consultation une circulaire proposant une procédure spéciale pour ses employés désireux de révéler des anomalies. L’Association suisse des banquiers s’y est vigoureusement opposé. La chercheuse Zora Lederberger vient de publier un ouvrage chez Stämplfi éditeur à Berne intitulé « Whistleblowing unter dem Aspekt der Korruptionsbekämpfung ». Enfin, la branche suisse de Transparency international mène également campagne pour faire avancer ce dossier et elle dispose d’une étude intitulée « La protection des whistleblowers », par Paola Cornelli, qui peut être commandé à :
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