Avec la disparition de "Cash" et "Facts", c'est un espace favorable au journalisme d'investigation qui disparaît en Suisse alémanique
Quand l’ouragan nous emportera tous
La disparition de « Facts » et de « Cash » affecte profondément tous les journalistes d’enquête de ce pays, qui paient encore souvent le prix fort pour leur courage et leur ténacité. Ces titres affichaient leur volonté farouche de pratiquer le journalisme de recherche, de laisser de l’espace à l’investigation de détail au service de l’information citoyenne.
Aux Etats-Unis, dans les pays scandinaves, en Hollande, en Grande-Bretagne, le renouveau de la presse écrite, l’adieu à la crise, passe par des titres de qualité, qui retrouvent des lecteurs grâce à leur crédibilité, leur défiance des pouvoirs et leur volonté de chercher l’information, au delà des communiqués et des « spin doctors ». Il a fallu en Louisiane le passage de l’ouragan Katrina pour que le journal local « Times Picayune » rappelle à toute l’Amérique – celle des éditeurs aussi - l’absolue nécessité de l’investigation indépendante en démocratie.
Bien sûr, chacun connaît les pressions économiques qui pèsent sur les éditeurs. Mais saborder les titres qui pratiquent le journalisme d’enquête est absurde et anachronique. Alors que la menace vient de l’écran, de tous les écrans, pratiquer la cannibalisation systématique à l’intérieur du monde de l’écrit et renoncer à la presse de qualité, est suicidaire.
Et quand l’ouragan emportera la presse écrite, qui sera encore là pour le raconter ?
Jean-Philippe Ceppi
Producteur « Temps Présent »
Télévision suisse romande
Fondateur du réseau suisse des journalistes d’investigation
www.swissinvestigation.net
Lisez cet article en allemand grâce au lien çi-dessous.
www.facts.ch/dyn/magazin/schweiz/766387.html
www.cash.ch
www.facts.ch





